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THÈSE DE DOCTORAT
Un insecte dans mon pantalon. L'animal et l'animalité saisis par le cinéma burlesque
Thèse de doctorat de l'Université PSL, préparée à La Fémis au sein du laboratoire SACRe, sous la direction de Vincent Amiel, soutenue le 24 novembre 2025.
Résumé
La place accordée par le cinéma burlesque à l’animal et à l’animalité fut longtemps occultée des études sur le genre ; trop liée, sans doute, à la sensualité régressive du cinéma des premiers temps que les nouvelles disciplines du regard imposées par le cinéma classique avaient patiemment refoulée. Alors que la question de nos relations avec les animaux se pose avec une acuité particulière, cette tradition « régressive » se présente à nous sous un nouveau jour : quelle vision du monde exprime-t-elle ? Peut-elle inspirer une autre manière de vivre que celle qui nous a conduit à la situation de crise que nous connaissons aujourd’hui dans nos relations avec le vivant ? À l’évidence, le burlesque, chantant l’expressivité du corps, exaltant les sens, animalisant le monde et jusqu’au spectateur lui-même, semble indiquer le remède à la crise. Sans nous arrêter à ce constat, nous avons tenté de mettre en évidence la portée cognitive de cette sensibilité : les relations extravagantes qu’entretiennent hommes et animaux dans ces films sont autant de cas d’étude qui éclairent le tissu de nos relations réelles avec les bêtes, les multiples déficiences intellectuelles et physiques des personnages relancent la discussion sur les critères de la singularité anthropologique, enfin, l’importance accordée au travail des sensations, organisées en jeux de contrastes et de ruptures, exprime quelque chose de l’intelligence spécifique que déploient les animaux pour se repérer dans la nature.
Loin de vouloir trouver au burlesque quelque dessein supérieur, une légitimité intellectuelle dont il n’a nullement besoin, ou de l’arracher aux sources foraines et populaires dont il est issu, nous avons voulu montrer comment le plus trivial, le plus grossier, le plus animal, longtemps éclipsé avec pudeur par les spécialistes du genre – les gags sexuels, scatologiques, les mimiques animales, les pulsions, la folie furieuse – instruit la compréhension des relations entre hommes et animaux, celle de la différence entre l’homme et l’animal, enfin, celle de l’animal lui-même et de la singularité de son rapport à la nature.
Cette thèse est accompagnée d’un court métrage, Crac ! (2024), qui explore par d’autres chemins les questions soulevées dans ce travail de recherche ; mêlant animation en stop-motion et prise de vue réelle, ce film raconte l’histoire d’un insecte, un lucane cerf-volant, et sa rencontre amoureuse avec une randonneuse. L’insecte met notre empathie à l’épreuve : si petit « qu’avec lui, on n’est pas tenu d’être juste », écrivait Jules Michelet, si étrange qu’on hésite à l’inclure dans le règne animal. Quelle relation, quelle entente est possible avec cet être – le moins « expressif » de la nature ? Quelle forme inventer pour entendre le battement du microcosme sans basculer dans une fantaisie purement imaginaire, sans rompre ce lien avec la sensualité des corps qui donne au burlesque sa force d’incarnation ?
MÉMOIRES DE MASTER
Cinéma et transition écologique. Une analyse filmique de L'Homme sans nom de Wang Bing. Le déchet, le rebut et les préjugés.
Préparé à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction de Anne Kerlan et Ania Szczepanska, 2017
Écologie et cinéma. Le barrage des Trois Gorges et Still Life de Jia Zhangke.
Préparé à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction de Anne Kerlan et Ania Szczepanska, 2016